Déclaration et recommandations du Canada sur l’innovation agricole et alimentaire : où en est le débat
Note de l’ICPA
Au cours de la dernière année, l’ICPA a mené une initiative en plusieurs phases visant à contribuer à la mise en place d’un système d’innovation agroalimentaire plus cohérent et plus efficace au Canada. Ce travail a combiné l’analyse du système, la mobilisation des parties prenantes à l’échelle nationale, la mise à l’essai d’idées émergentes par le dialogue et la tenue de réunions structurées tout au long du continuum de l’innovation. L’objectif était de parvenir à un consensus sur les principaux défis et opportunités auxquels est confronté le système d’innovation agroalimentaire canadien, d’élaborer conjointement un cadre d’action concret et d’ancrer l’orientation des politiques dans des données probantes, des réalités opérationnelles et de l’expérience des acteurs du secteur.
Ce processus a renforcé un message cohérent : le principal défi du Canada n’est pas de générer de l’innovation, mais de veiller à ce qu’elle circule dans le système et produise des impacts mesurables. Il a également démontré la valeur de créer un espace permettant aux bailleurs de fonds, aux chercheurs, à l’industrie et aux producteurs de tester des hypothèses, de remettre en question le vocabulaire utilisé et d’affiner ensemble les priorités. Une orientation politique plus solide a plus de chances de perdurer lorsqu’elle reflète le fonctionnement réel du système et les points de rupture dans la pratique.
Le présent rapport rend compte d’une partie de cette initiative plus large menée par l’ICPA. Il s’appuie sur l’atelier AgRISE de février 2026, qui s’est particulièrement concentré sur la commercialisation, l’adoption et la mise à l’échelle. Son objectif est de mettre en évidence les points sur lesquels la discussion s’est clarifiée, les points de convergence des perspectives, ainsi que la manière dont la Déclaration sur l’innovation et les recommandations qui l’accompagnent ont été affinées grâce au dialogue.
Points saillants
- L’innovation agroalimentaire doit s’étendre sur l’ensemble du parcours, de la recherche à la mise à l’échelle. L’orientation qui s’est dégagée plus clairement de l’atelier est celle d’un système qui traduit la recherche et les technologies validées en commercialisation, adoption et mise à l’échelle tout au long de la chaîne de valeur.
- Une orientation et une responsabilisation plus fortes sont nécessaires pour réduire la fragmentation. Le système ne manque pas d’activité, mais il manque de priorités claires, d’actions coordonnées et d’un mécanisme pratique pour surmonter les obstacles qui transcendent les gouvernements et les secteurs.
- L’incertitude réglementaire continue de freiner la commercialisation et l’adoption. Des parcours plus clairs, des délais plus prévisibles et une meilleure coordination amélioreraient les conditions permettant aux entreprises, aux investisseurs et aux utilisateurs de faire progresser l’innovation.
- Le « chaÎnon manquant » reste une faiblesse majeure du système. La commercialisation, la modernisation, l’adoption et la croissance à un stade avancé continuent d’être insuffisamment soutenues par rapport aux performances attendues du système.
- Des investissements supplémentaires n’auront qu’un effet limité sans modification de la conception du système. Le financement est important, mais les résultats resteront insuffisants si la gouvernance, la réglementation, les parcours des programmes et les conditions favorables ne s’améliorent pas en parallèle.